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Pourquoi vous n'arrivez pas à descendre au squat



Publié le 30 mars 2026 | Mis à jour le 30 mars 2026 Par Guillaume & Lise, instructeurs certifiés StrongFirst (SFG1, SFG2, SFB), Minimal Club, Nantes


Si vous bloquez au-dessus du parallèle à chaque squat, le problème ne vient probablement pas de vos cuisses. Il vient de vos chevilles et de vos hanches. On le voit toutes les semaines au club : des gens qui poussent, qui serrent les dents pour gratter deux centimètres de profondeur. Ils pensent manquer de force. En fait, leurs articulations refusent de les laisser descendre. Et tant qu'on ne traite pas la cause, aucune quantité de séries ne changera quoi que ce soit.


Ce qui se passe dans votre corps quand vous descendez

Le squat est une chaîne cinétique fermée. Les pieds sont fixés au sol, et trois articulations doivent fléchir en même temps : les chevilles, les genoux, les hanches. Si une seule coince, les deux autres compensent.


Une étude publiée dans le Journal of Physical Therapy Science (Kim et al.) a mesuré cette mécanique sur 101 sujets. La dorsiflexion de cheville (le mouvement qui permet au genou d'avancer au-dessus des orteils) explique à elle seule 38,8% de la variance dans la profondeur de squat chez les hommes. La flexion de hanche arrive juste derrière. Si vos chevilles et vos hanches ne bougent pas assez, votre squat plafonne. Peu importe la charge sur la barre.


Vos chevilles, le suspect principal

La dorsiflexion, c'est le mouvement qui rapproche le tibia du pied. Quand vous squattez, ce mouvement permet au genou de passer devant les orteils. Sans cette avancée du genou, le buste doit pencher en avant pour maintenir l'équilibre. C'est là que les talons décollent, que le dos s'arrondit, et que la descente s'arrête net.

Pourquoi vos chevilles sont raides ? Si vous passez la majorité de votre journée assis.e avec les pieds à plat sous un bureau, vos mollets et votre tendon d'Achille se raccourcissent progressivement. Des chaussures à talon surélevé aggravent le problème parce qu'elles maintiennent la cheville en position raccourcie pendant des heures.


Un test rapide pour savoir où vous en êtes : le test du genou au mur. Placez un pied à environ 10 cm d'un mur, genou aligné avec le deuxième orteil. Essayez de toucher le mur avec le genou sans décoller le talon. Si vous n'y arrivez pas, votre dorsiflexion est probablement insuffisante pour un squat complet. On fait passer ce test à tous nos adhérent.e.s au Minimal Club, et le résultat surprend souvent ceux qui soulèvent lourd depuis des années.


Vos hanches, le coupable silencieux

L'autre verrou se situe au niveau de l'articulation coxo-fémorale. Pour atteindre un squat profond, il faut environ 110 à 120 degrés de flexion de hanche. Quand le fémur atteint la butée contre le bassin et que la flexion ne suffit plus, le bassin bascule en arrière pour grappiller de l'amplitude supplémentaire. C'est ce qu'on appelle le "butt wink" dans le jargon : le bas du dos s'arrondit en fin de descente.


Le butt wink n'est pas qu'un détail esthétique. Cette bascule pelvienne place la colonne lombaire en flexion sous charge. Guillaume a longtemps eu ce schéma sans le savoir. Il squattait lourd en back squat, fier de sa profondeur, jusqu'au jour où un stage StrongFirst lui a ouvert les yeux : sa profondeur venait du bas du dos, pas des hanches.


Un autre facteur que personne ne regarde : la rotation interne de hanche. Quand le fémur descend en flexion profonde, il effectue une légère rotation interne dans la cavité acétabulaire. Si cette rotation est bloquée, la descente s'interrompt et le bas du dos prend le relais. On accompagne au club des adhérent.e.s qui pensaient avoir "un problème de dos" alors que le souci venait d'un manque de rotation interne des hanches.


La compensation corporelle en cascade

Un principe qu'on enseigne au club : la rigidité proximale permet la mobilité distale. Le tronc doit rester verrouillé pour que les hanches bougent librement. Quand une hanche manque de mobilité, le système nerveux redistribue le mouvement vers le maillon le plus proche : la colonne lombaire. On a rédigé un article complet sur la loi de compensation corporelle pour ceux qui veulent comprendre ce mécanisme.


Travailler sa mobilité n'est pas un luxe de gymnaste. C'est de la prévention pure. Notre guide complet de la mobilité articulaire pose les fondations théoriques et pratiques.


Que faire concrètement

On ne va pas vous coller un programme de 12 exercices ici. Ce serait irresponsable sans connaître votre situation. Mais voici trois pistes qui marchent pour la majorité des gens qu'on accompagne.


Première piste : passez le test du genou au mur des deux côtés. Si un côté est nettement plus raide, commencez par là. Deuxième piste : passez 2 à 5 minutes par jour en position de squat profond assisté, en vous tenant à un rack ou un meuble. Le simple fait d'occuper la position apprend au système nerveux que cette amplitude est sécuritaire. Troisième piste : squattez sur une cale de 2 cm sous les talons. Ce n'est pas tricher. C'est compenser temporairement un déficit de dorsiflexion. Beaucoup de nos adhérent.e.s au Minimal Club commencent avec une cale et s'en passent après quelques semaines.


Si malgré tout ça le blocage persiste, la morphologie de votre bassin limite peut-être structurellement votre amplitude. Ce n'est pas un échec. C'est de l'anatomie. Un squat parallèle bien exécuté avec un tronc verrouillé vaut infiniment mieux qu'un squat profond bricolé au prix du bas du dos.


Questions fréquentes

Pourquoi je n'arrive pas au squat complet ?

Dans la grande majorité des cas, la profondeur de squat est limitée par un manque de mobilité au niveau des chevilles (dorsiflexion insuffisante) et des hanches (flexion ou rotation interne restreinte), pas par un manque de force musculaire. La dorsiflexion de cheville est le premier facteur prédictif de la profondeur de squat selon les études biomécaniques.


Pourquoi je penche en avant au squat ?

La bascule du buste vers l'avant est une compensation classique quand les chevilles manquent de dorsiflexion. Le genou ne pouvant pas avancer suffisamment, le centre de gravité recule et le corps penche le tronc pour ne pas tomber en arrière. Des exercices de mobilité de cheville et une cale temporaire sous les talons permettent de corriger ce schéma progressivement.


Faut-il s'étirer pour améliorer son squat ?

Les étirements passifs seuls ne suffisent pas. Le système nerveux central fonctionne comme un limiteur de sécurité : s'il ne perçoit pas de force et de contrôle dans la nouvelle amplitude, il verrouille l'articulation par réflexe. La méthode la plus efficace combine du travail de mobilité active et du renforcement dans les positions nouvellement acquises. C'est ce qu'on enseigne au Minimal Club à Nantes.


Guillaume & Lise 


Minimal Club, 48 boulevard Einstein, Nantes.


 
 
 

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